Réalisé par
Marc Esposito
Avec
Edouard BAER dans le rôle de VICTOR
Benoît MAGIMEL dans le rôle de BRUNO
Diane BONNOT dans le rôle d’AGATHE
Léonie SIMAGA dans le rôle d’ANNA
Atmen KELIF dans le rôle de SAMI
Edouard Baer
Edouard Baer se fait connaître au début des années 90 en jouant avec Ariel Wizman les co-animateurs d'émissions sur Radio Nova comme La Grosse Boule et Paroles de Femme. Il ne tarde pas à décliner son univers loufoque sur Canal + avec l'extravagant Centre de Visionnage où se déploie son goût de l'absurde et de l'improvisation.
Mais Edouard Baer, qui s'était inscrit à 18 ans au Cours Florent, est avant tout comédien. En 1994, il fait sa première apparition à l'écran dans La Folie douce de Frédéric Jardin. Amant de Sandrine Kiberlain dans Rien sur Robert (1999), il atteint sa maturité d'acteur en 2001 avec Betty Fisher et autres histoires de Claude Miller et Dieu est grand, je suis toute petite aux côtés d'Audrey Tautou. Devant la caméra de ses complices Alain Chabat (Astérix et Obélix : mission Cléopâtre) et
Isabelle Nanty - qui fut son professeur de théâtre (Le Bison), Edouard Baer n'est alors plus perçu comme un simple trublion audiovisuel mais comme un acteur à part entière. Son Molière pour la pièce Cravate club, qui sera adaptée au cinéma en 2002, assoit encore sa popularité.
Edouard Baer s'est entre-temps lancé dans la réalisation avec un premier long métrage, La Bostella (1999), fidèle transposition cinématographique de son délirium profond. Boudé par le public, son second film, Akoibon (2005), véritable hommage à son idole Jean Rochefort, le sera tout autant. Ces échecs commerciaux et quelques choix de carrière pour le moins hasardeux (A boire, Double zéro) ne l'empêchent toutefois pas de triompher dans la surprenante comédie Mensonges et trahisons (2004) de Laurent Tirard, ancien journaliste chez Studio Magazine, et de partager, aux côtés de Clovis Cornillac et Olivier Gourmet, l'affiche des prestigieuses Brigades du Tigre (2006), tout droit sorties de notre mémoire télévisuelle.
Visiblement à l'aise dans le passé, Edouard Baer remonte une nouvelle fois le temps en 2006, et atterrit à l'époque de Molière, où il campe un Dorante fourbe à souhait, face à Romain Duris et Fabrice Luchini, dans cette partie romancée de la vie de l'écrivain, signée Laurent Tirard. Une fantaisie intercalée entre deux films plus sérieux (Je pense à vous de Pascal Bonitzer, et La Fille coupée en deux de Claude Chabrol, où il joue, plus ou moins son propre rôle) qui viennent confirmer l'étendue d'un talent ne se limitant pas à la simple comédie. Ce que l'année 2008 lui donne l'occasion de prouver, entre la tragi-comédie policière de Samuel Benchetrit, J'ai toujours rêvé d'être un gangster, le tour de Passe-passe qu'il exécute avec Nathalie Baye chez Tonie Marshall, ou le nouveau délire d'Eric et Ramzy, Seuls Two.
Benoit Magimel
Fils d'une infirmière et d'un employé de banque, Benoît Magimel grandit à Paris. A l'âge de 12 ans, il répond à une annonce de casting qui lui permet de décrocher le rôle principal de la comédie à succès de Chatiliez La Vie est un long fleuve tranquille : il y est Momo, enfant issu de la bourgeoisie élevé par erreur au sein d'une famille de prolétaires. Ayant arrêté ses études à 16 ans pour se consacrer définitivement au métier de comédien, il incarne en 1995 le fiancé de Virginie Ledoyen dans La Fille seule (1995) et fait une apparition dans La Haine.
C'est André Techiné qui relance la carrière de Benoît Magimel en lui confiant le rôle d'un voyou, face à Auteuil et Deneuve, dans Les Voleurs en 1996. Le gamin insolent des années 80 devient l'un des jeunes premiers les plus sollicités du cinéma français. Il tourne avec la nouvelle génération de cinéastes, comme Olivier Dahan (Déjà mort) et Florent Emilio Siri -Une minute de silence, drame social dans lequel il interprète un mineur polonais. Benoît Magimel affectionne d'ailleurs les rôles de composition, puisqu'on le retrouve bientôt en Musset dans Les Enfants du siècle -avec celle qui est alors sa compagne, Juliette Binoche- et en Louis XIV dans Le Roi danse.
Avec intensité et sens de la nuance, le fiévreux Magimel incarne l'amant de Nathalie Baye dans Selon Matthieu de Beauvois et celui d'Huppert dans La Pianiste de Haneke -une oeuvre dérangeante qui lui vaut le Prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes. Et lorsque Chabrol, maître du polar à la française, s'intéresse à la jeunesse, dans La Fleur du mal (2003) puis La Demoiselle d'honneur, c'est à Magimel qu'il confie le rôle principal, celui d'un garçon écartelé entre raison et passion. Loin de se cantonner aux films d'auteur, il tourne dans le tendre Effroyables jardins et s'impose même comme une des vedettes du cinéma à grand spectacle : à l'affiche de Nid de guêpes de son complice Siri en 2001, il forme des tandems de choc avec Reno dans Les Rivières pourpres 2 (2003) puis Cornillac dans Les Chevaliers du ciel (2005).
En 2007, Benoît Magimel incarne des rôles plus noir notamment dans le film de Frédéric Schoendoerffer, Truands, où il incarne Franck l'homme de confiance et tueur de Philippe Caubère. Il retrouve ensuite Florent Emilio Siri pour un troisième film, L'Ennemi intime, avant de rejoindre Claude Chabrol pour La Fille coupée en deux aux côtés de Ludivine Sagnier et François Berléand. L'année 2008 confirme son goût pour les sujets plus troubles et les films d'auteurs avec Inju, la bête dans l'ombre, un thriller de Barbet Schroeder sélectionné pour la 65ème Mostra de Venise. Dans La Possibilité d'une île (2008), écrit et adapté à l'écran par Michel Houellebecq, il incarne le personnage principal, Daniel, plongé au coeur d'un sombre conte philosophique.